Je comprends , ressens l'addiction qui te boit vers le fond , elle court en moi , m'attire vers toi . Sans la voix , le dialogue est plus audible et seul reste ta main , ses écrits qui finalement remplaceront tes cris . Violemment aspiré par ce trou béant , il me regarde , atone , et me lance « maintenant ou jamais » . Tous ces mots que nous n'avons jamais pu dire s'échangèrent dans le silence par les regards de nos deux êtres fissurés . Le temps , son œuvre , ne laisse de ces sombres heures que des flashs intercalaires de cet enfer effrayant qui nous brisa tous . Des flots d'éthanol corrosif brûlaient tes choix , voilà ce qu'il me reste de toi , une lente lumière chaude d'un soleil froid , ces rares instants profonds de communion voilant l'inévitable destruction . Longtemps il n'est resté des ténèbres qu'une envie impatiente de partir , de grandir abandonner l'antre imprégnée de fumée , baignée d'alcool , briser les chaînes du passé , créer l'irréel . Mon idéal viscéral perdu dans les abysses d'une obscurité absolue ces doux accords dissonants de mélancolie , stridents , exhumèrent mon cadavre de l'ennui . Nu face au monde , l'asphyxie paraît naturelle , artérielle . Nous n'aurons pu faire connaissance que sur la fin , ces dernières heures muettes avant le départ , gorgées de sourires délicats , d'attention , ces souffles de compréhension ont gravé à jamais ma mémoire .
Je n'ai pu goûter que si peu à tout ça , c'est si dur , ça me manque ...